La crise de 1929 a été causée par divers facteurs, tant aux États-Unis, où le premier séisme financier de l’histoire s’est produit, marqué par le jeudi noir à Wall Street, que sur le plan international. De nombreux pays ont été touchés par une terrible récession qui a duré plusieurs années. Officiellement, la crise a débuté avec l’effondrement de la bourse de Wall Street, entraînant la destruction de nombreux secteurs industriels et entrepreneuriaux qui avaient connu une croissance exponentielle jusqu’aux années 1920. Cette crise a fortement impacté les États-Unis, affectant les salaires, les prix à la consommation, et bloquant les échanges intérieurs et internationaux. Le chômage a également augmenté dans les villes industrialisées ainsi que dans les zones agricoles et minières, où il était difficile de trouver des emplois alternatifs.
1. Le Krach de Wall Street
La principale cause : la spéculation économique
L’économie américaine était en plein essor dans les années 20. Les États-Unis avaient connu une croissance rapide grâce à l’augmentation de la production industrielle, des progrès techniques et un travail plus productif. Les banques prêtaient beaucoup d’argent aux entrepreneurs qui investissaient massivement. Un engouement spéculatif s’était emparé de la population américaine, avec une augmentation considérable des cours des actions. Les actions étaient souvent achetées à crédit et on espérait rembourser les prêts avec les gains réalisés en vendant les titres à un prix plus élevé. La Bourse américaine s’est déconnectée de la réalité économique en 1928, alors que la hausse des cours était soutenue par le crédit.
Le jeudi noir
Quelques signes avant-coureurs avaient été repérés, notamment la faillite retentissante d’une entreprise londonienne et des données indiquant une surproduction industrielle. Cependant, aucune réaction n’a été observée avant septembre 1929. La bourse montre alors une certaine hésitation, la panique gagne les actionnaires qui cherchent à éviter la baisse des cours. Le 24 octobre 1929, 13 millions de titres sont mis en vente sans trouver d’acheteurs potentiels, ce qui entraîne une chute des cours. La baisse est légèrement stoppée le jeudi soir, mais les jours suivants, elle s’aggrave dans une panique générale. L’indice « Dow Jones » (basé sur une sélection de cours d’actions américaines), qui était d’environ 125 $ en 1929, s’effondre à 95 $ en 1930, 55 $ en 1931 et 26 $ en 1932 ! Certains actionnaires ruinés se suicident.
2. De la crise boursière à la crise économique
Le cercle vicieux

Les gens qui ont acheté des actions à crédit ne peuvent pas rembourser les banques. Les banques, incapables de récupérer leur argent, doivent aussi faire face à un grand nombre de retraits d’argent liquide par des personnes inquiètes de la situation. Elles ont également subi des pertes en bourse. Cela a entraîné une vague de faillites bancaires (plus de 5000) dans tout le pays. Des entreprises qui avaient investi en bourse ont fait faillite (23 000 en 1929 ; 30 000 en 1932). Pour illustrer ces difficultés, la production industrielle a chuté de 50 % entre octobre 1929 et août 1932.
Les conséquences sociales
Les usines qui ferment entraînent un fort taux de chômage. En 1933, aux États-Unis, le nombre de chômeurs atteint plus de 12,6 millions, alors qu’il n’était que de 1,5 million en 1929. De nombreuses personnes se retrouvent alors dans la pauvreté, sans logement et sont contraintes de se rendre aux soupes populaires (cf. Les Temps modernes de Charlie Chaplin). Les agriculteurs sont également touchés. Face à une forte baisse des prix agricoles (environ 57 % entre juin 1929 et décembre 1932), ils doivent contracter de nouveaux emprunts pour rembourser les anciens. Parfois, les banques saisissent les terres de ceux qui ne peuvent plus payer, les poussant à émigrer vers l’Ouest, perçu comme un eldorado (cf. Steinbeck, Les Raisins de la colère).
3. L’extension de la crise et les tentatives de solution
La crise gagne le monde
Les banques américaines rapatrient leur argent investi à l’étranger, ce qui met les économies de nombreux pays, notamment européens, en difficulté. Privés de cet argent, les pays doivent réduire leurs importations et leur consommation, ce qui diminue le commerce mondial. La crise se propage ainsi en 1930 en Autriche et en Allemagne, en 1932 pour l’Angleterre et en 1933 pour la France.
Les tentatives de solution
Face à ces difficultés, les États tentent de réagir. Ils adoptent généralement deux types de mesures : premièrement, la dévaluation de la monnaie, comme en Grande-Bretagne (où la livre sterling est dévaluée de 40 % en 1931) et dans la plupart des pays, afin de stimuler les exportations (les produits du pays coûtant moins cher). Deuxièmement, la déflation (réduction des salaires et des dépenses pour assainir l’économie) essayée en France par exemple en 1935, mais sans grand succès. Cette politique économique a même eu un effet pervers puisqu’en réduisant la consommation, elle a aggravé les effets de la crise. Des économistes proposent également leurs solutions face à cette situation qui ne semble pas se résoudre d’elle-même contrairement à ce que pensent les libéraux. Keynes, un Anglais, suggère ainsi de relancer l’économie par la consommation ; par une politique de grands travaux et d’aides sociales, l’État donne du travail et de l’argent, lequel est réinvesti dans l’achat de produits industriels, ce qui relance les industries et donc l’économie du pays. Cette politique est initiée par le président Franklin Delano Roosevelt élu en 1932 ; c’est le New Deal (« nouvelle donne »). On construit ainsi des barrages (le barrage Hoover), des routes, des ponts (en 1933-34, 60 % du budget fédéral est consacré à ce type de dépenses) ; des aides financières sont distribuées aux entreprises et aux particuliers. L’économie américaine repart ainsi à la fin des années 30. D’un point de vue général, tous les États rompent avec l’idéologie libérale et interviennent dans l’économie (règlementations, prix minimum, protectionnisme). Le maximum est atteint par les régimes fascistes qui prônent l’autarcie. La politique d’armement en vue de la Seconde Guerre mondiale sera pour certains (l’Allemagne notamment) un moyen de résoudre le chômage et de relancer la machine économique. L’essentiel, la crise de 1929 prend son origine dans un krach boursier à New York le 24 octobre à cause d’une spéculation trop forte. Elle entraîne la ruine de centaines de milliers d’actionnaires américains et des faillites de banques et d’entreprises. Les banques américaines en rapatriant leurs capitaux placés à l’étranger vont propager cette crise. Le commerce mondial se rétracte fortement. Partout, les conséquences sociales sont dramatiques : chômage, misère, mouvements migratoires. Ce contexte social favorise la montée de mouvements extrémistes. Les États tentent alors de redresser leurs économies par la dévaluation et/ou la déflation. Keynes propose une relance de la consommation appliquée par Roosevelt aux États-Unis. La guerre (et sa préparation) sera pour certains pays la solution à ces difficultés économiques et sociales.